La Haute Cour autorise la divulgation du nom d'Aryeh Amidror, officier du renseignement de la division de Gaza

Pendant près de trois ans, il n'a été qu'une lettre. Le lieutenant‑colonel A. L'officier du renseignement de la division de Gaza le 7 octobre 2023, l'homme censé voir venir la menace. Le 1er octobre 2026, cette lettre est devenue un nom.
La Haute Cour de justice a autorisé la publication du fait que le lieutenant‑colonel Aryeh Amidror occupait le poste d'officier du renseignement de la division de Gaza le jour du massacre, a rapporté le Jerusalem Post . Il faut préciser d'emblée ce que cela signifie, et ce que cela ne signifie pas : l'autorisation concerne la publication de son identité. Elle ne tranche aucune responsabilité pénale, et cet article ne se prononce pas sur une telle responsabilité.
Le Post relève un autre détail qui attire l'attention : Amidror est le fils de Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale, régulièrement présent à la télévision pendant la guerre. C'est un élément biographique. Il n'explique aucune décision opérationnelle et ne dit rien de ce que son père savait ou ignorait dans la nuit du 6 au 7 octobre.
Le « Mur de Jéricho » et les avertissements
Venons‑en à la partie difficile. Selon le Post, Amidror était considéré comme ayant fermement écarté la possibilité que le Hamas mette à exécution le scénario d'incursion connu sous le nom de « Mur de Jéricho ». Ce scénario s'est concrétisé le matin de l'attaque. Il faut retenir les mots « était considéré » : il s'agit de l'appréciation du journal, pas d'une citation tirée d'un document signé.
Le Post ajoute qu'une sous‑officière de l'unité 8200, désignée dans l'article par la seule initiale V., a tenté de l'avertir. Mais l'étendue de l'alerte, le moment où elle a été transmise et les suites qui lui ont été données ne sont pas détaillés dans le paragraphe cité. Dire qu'un avertissement n'a pas été suivi d'effet revient à mettre en cause une chaîne de transmission. Sans les documents eux‑mêmes, il est difficile de savoir combien de temps s'est écoulé entre l'alerte et la décision, ou qui d'autre en a eu connaissance.
D'une initiale à un nom : le chemin vers la publication
Cette divulgation ne surgit pas de nulle part. En septembre, l'armée a confirmé que le chef de la direction des ressources humaines, le général de division Dado Bar Kalifa, avait renvoyé Amidror du service, alors que les articles le désignaient encore comme le lieutenant‑colonel A. Plusieurs mois auparavant, le 23 novembre 2025, le chef d'état‑major Eyal Zamir avait établi que plusieurs officiers portaient une responsabilité de commandement dans les défaillances du massacre du 7 octobre et devaient faire l'objet de mesures de commandement. En raison de sa fonction de principal officier du renseignement de la division, une procédure avait été ouverte pour examiner son éventuel renvoi.
Mais un renvoi du service n'est pas une condamnation. La responsabilité de commandement, telle que l'a décrite le chef d'état‑major, n'est pas non plus une procédure pénale. Cet article ne contient aucune information sur l'ouverture de poursuites pénales contre Amidror.
Pourquoi le nom est‑il resté caché si longtemps ? Parce qu'il faisait l'objet d'une interdiction de publication, et que l'armée et les médias utilisaient l'initiale A. La Haute Cour a levé cette interdiction concernant le nom. Elle n'a publié ni relevés d'appels ni documents de renseignement. Le public sait désormais qui occupait le poste. Il n'a toujours pas vu le dossier d'enquête.
Un nom dans une longue chaîne
Lorsqu'un nom apparaît enfin, la tentation de lui rattacher toute la défaillance est compréhensible. Mais la chaîne de commandement est longue. Au‑dessus de l'officier du renseignement de la division se trouvaient le commandant de la division, le commandement sud, la direction du renseignement militaire et l'état‑major. L'article ne répartit pas les responsabilités en pourcentages. Écrire que la publication du nom clôt l'enquête irait au‑delà de la décision de la Cour.
La décision ne révèle pas davantage les noms des autres officiers évoqués de manière générale par le chef d'état‑major en novembre 2025. Ils restent des initiales. De même, la sous‑officière V. demeure une initiale, car son nom n'a pas été publié.
Ce que l'on sait désormais
Que peut‑on affirmer avec certitude ? Que la Haute Cour a autorisé la publication du nom de l'officier du renseignement de la division de Gaza le 7 octobre 2023. Que l'armée l'a renvoyé sur décision du chef de la direction des ressources humaines, après que le chef d'état‑major a attribué une responsabilité de commandement à des officiers en novembre 2025. Et que, selon le Jerusalem Post, il était considéré comme ayant rejeté le scénario du « Mur de Jéricho ».
Que reste‑t‑il à connaître ? Presque tout le reste : les documents, les horaires, l'ensemble de la chaîne de décisions. L'initiale est devenue un nom. L'histoire complète reste à établir.



