Israël achève la ratification de Kigali : les questions à poser avant d'acheter une climatisation

Israël a achevé la ratification de l'amendement de Kigali au protocole de Montréal, destiné à réduire progressivement l'utilisation de fluides frigorigènes ayant un fort effet sur le climat. L'annonce publiée cette semaine ne fixe pas de date pour remplacer la climatisation de son logement. Pour un futur achat, elle invite à ajouter le type de fluide et l'entretien à long terme aux questions sur le prix et la garantie.
Selon le registre de ratification de l'ONU, Israël a déposé son instrument le 5 octobre 2026 et l'amendement entrera en vigueur pour le pays le 3 janvier 2027. Ce sont deux dates différentes. Les articles des 26 et 27 octobre portent sur l'achèvement de cette démarche et la préparation de l'économie, et non sur une interdiction commençant le jour de leur publication.
Le changement concerne les fluides à l'intérieur du système
L'amendement de Kigali porte sur les gaz de la famille des HFC, utilisés notamment dans la réfrigération et la climatisation. Le Secrétariat de l'ozone de l'ONU explique qu'ils ne détériorent pas la couche d'ozone, mais constituent de puissants gaz à effet de serre. Leur réduction relève donc du cadre international du protocole de Montréal, même si l'enjeu environnemental est ici climatique.
Selon la dépêche de l'agence TPS du 27 octobre, Israël s'engage à réduire sa consommation de HFC de 85 % d'ici 2036 dans le cadre prévu. Il s'agit d'un objectif pour l'ensemble de l'économie, par rapport à une base établie. Cela ne signifie pas que chaque foyer doit réduire d'autant ses heures de climatisation ou retirer un appareil en état de marche.
Cette distinction compte aussi lors du choix d'un équipement. Le fluide frigorigène et la consommation électrique sont deux caractéristiques distinctes. Présenter un gaz comme moins néfaste pour le climat ne permet pas, à lui seul, de connaître la consommation d'un climatiseur précis chez vous. Demandez des données séparées plutôt qu'une simple qualification générale d'appareil écologique.
La préparation a précédé la ratification
Les articles du 26 octobre sur l'annonce du ministère de la Protection de l'environnement indiquent qu'Israël a commencé dès 2020 à inscrire la réduction des HFC dans sa réglementation. La ratification rejoint donc un processus déjà engagé, sans créer un nouveau marché en une nuit. La réduction décrite pour 2026 atteint 25 % par rapport à la base fixée.
Selon le calendrier publié, elle atteindra 40 % en 2027, 55 % en 2028 et 70 % en 2029. Elle passera ensuite à 80 % en 2034 et à 85 % en 2036. Ces pourcentages correspondent à une diminution par rapport à la base, et non à une réduction supplémentaire de même ampleur chaque année par rapport à la précédente.
Pour un propriétaire, ces chiffres donnent surtout un horizon aux questions à poser au vendeur ou à l'installateur. Si le système doit servir plusieurs années, il faut comprendre son entretien, identifier le prestataire et préciser le contenu du devis. Le calendrier ne fixe pas le prix futur d'un fluide particulier et ne garantit aucune hausse ou baisse chiffrée de vos frais de réparation.
Quatre questions avant de comparer les devis
Premièrement, demandez le nom exact du fluide et la référence du modèle. Le seul mot « gaz » ne suffit pas pour comparer deux systèmes. Faites inscrire ces informations dans le devis, avec les unités et les travaux d'installation, afin de les retrouver lors d'un futur entretien sans dépendre du souvenir d'une conversation en magasin.
Deuxièmement, identifiez le responsable du service après installation. Vérifiez séparément la garantie du produit, les travaux d'installation et les conditions d'intervention d'un technicien. Si un vendeur affirme que la transition rend un modèle peu intéressant, demandez une explication portant sur ce modèle et son entretien, au‑delà d'un titre général sur un accord international.
Troisièmement, renseignez‑vous sur le traitement de l'ancien système en cas de remplacement. Demandez à l'installateur de préciser les opérations de démontage et de prise en charge nécessaires, ainsi que leur responsable. L'annonce de nouveaux fluides ne signifie pas qu'on puisse simplement remplacer la substance dans un ancien système : la compatibilité relève d'une évaluation professionnelle de cette installation.
Quatrièmement, faites distinguer le prix d'achat de l'entretien prévu selon les conditions proposées. Inutile d'inventer une prévision de dépenses sur dix ans. Commencez par comparer les éléments vérifiables maintenant : couverture de la garantie, coût d'une intervention non couverte, coordonnées du prestataire et documents remis au client après les travaux.
Le métier de l'installation évolue également
En 2025, la Knesset a adopté une loi réglementant les travaux sur les systèmes de réfrigération et de climatisation. Parallèlement à la ratification, le ministère de la Protection de l'environnement décrit la préparation de la formation et de l'habilitation des professionnels aux nouveaux fluides. Le ministère du Travail propose une procédure de demande d'autorisation, avec des justificatifs de formation selon le parcours du demandeur.
Le consommateur n'a pas besoin de maîtriser tous les parcours pour obtenir une information claire. Avant une intervention, demandez qui l'effectuera et quelles formation et autorisation correspondent aux travaux prévus. Pour une installation collective, le comité de copropriété devrait recueillir ces réponses par écrit et les transmettre à la personne qui gérera l'entretien à l'avenir.
La nouvelle annonce ne publie ni aide financière aux ménages, ni grille de prix d'installation, ni date universelle d'arrêt des anciens climatiseurs. Il ne faut donc pas acheter en supposant l'existence d'une telle aide ou sous la pression d'un remplacement immédiat d'un appareil fonctionnel. Une rénovation ou un remplacement déjà envisagés permettent de prendre le temps d'obtenir des devis détaillés et de les comparer.
L'étape internationale est achevée, mais les décisions domestiques dépendent toujours du système concerné et de vos besoins. Conserver la référence, le fluide, la garantie et le prestataire sera plus utile qu'une promesse générale de « climatiseur du futur ». La transition du marché se traduit ainsi par une décision concrète : savoir ce que l'on achète et qui pourra l'entretenir après l'installation.



