Étude israélienne : le métier des parents prédit davantage les résultats que leurs diplômes, sans déterminer l'avenir de l'enfant

L'analyse porte sur 10 336 élèves, et son résultat attire l'attention sur le travail de leurs parents. Une nouvelle étude de l'institut Shoresh, relayée cette semaine par Calcalist, Davar et The Jerusalem Post, constate que les domaines professionnels des parents sont plus fortement associés aux résultats PISA de leurs enfants que leur niveau d'études. Les chercheurs soulignent toutefois une limite claire : une association statistique ne prouve pas que le métier d'un parent provoque la réussite ou les difficultés scolaires.
La recherche a été menée par Ariela Sabin, le professeur Ayal Kimhi et le professeur Dan Ben‑David. Ils ont étudié les données d'élèves de 15 ans ayant passé les tests en hébreu et dont les deux parents exerçaient un emploi. Il s'agit donc d'une population de recherche définie. Les conclusions ne décrivent pas tous les enfants d'Israël et ne fournissent certainement pas de formule pour calculer l'avenir d'un élève à partir des métiers de ses parents.
Le chiffre frappant exige de lire les précisions
Selon l'étude de l'institut Shoresh, les métiers des parents représentent environ 45 % de la variation des résultats expliquée par le modèle statistique, contre environ vingt et un pour cent attribués à leur niveau d'études. Mais le modèle entier n'explique qu'environ un cinquième de la variation totale. Ce chiffre ne signifie donc pas que le travail des parents explique près de la moitié de toutes les différences entre élèves.
Cette distinction change le sens du titre. Les chercheurs comparent les parts relatives de différents facteurs au sein de la portion expliquée ; ils ne répartissent pas l'ensemble des raisons de la réussite scolaire entre les professions. Une grande part de la variation demeure inexpliquée. Rien ne permet donc de transformer ce résultat en étiquette individuelle ou de supposer qu'un élève donné est limité par les métiers exercés dans sa famille.
Un calcul illustre cette différence : 45 % d'environ un cinquième correspondent à peu près à neuf pour cent de la variation totale. C'est un calcul approximatif de la rédaction fondé sur les données de l'étude, pas une estimation distincte d'un effet causal. Il montre pourquoi il faut toujours demander à quel ensemble se rapporte un pourcentage publié. Même un chiffre apparemment très élevé peut décrire une partie d'une partie, et son interprétation change lorsqu'on le replace dans le bon contexte. Voilà aussi pourquoi les résultats doivent être lus avec la méthodologie, plutôt que de simplement classer les professions selon les scores.
D'après l'article de Calcalist, le métier du père représente environ trente‑trois pour cent de la variation expliquée et celui de la mère environ douze pour cent. Pour le niveau d'études, la configuration s'inverse : celui de la mère contribue davantage que celui du père. Ces chiffres décrivent une tendance dans l'analyse, pas un classement de l'importance de chaque parent dans la vie d'un enfant.
Qui figure dans l'étude, et qui en est exclu
Les données proviennent de quatre cycles PISA : 2012, 2015, 2018 et 2022. Comme l'explique The Jerusalem Post, PISA évalue la compréhension de l'écrit, les mathématiques et les sciences à l'âge de 15 ans. Les chercheurs ont aussi tenu compte de caractéristiques de contexte, notamment le niveau d'études des parents, le pays de naissance, les livres disponibles au domicile et l'accès aux ordinateurs et à Internet. L'intégration de ces variables permet une comparaison plus complexe que la simple juxtaposition de deux groupes selon leur profession.
Toutefois, selon le même article, l'analyse ne contrôle pas directement le revenu du ménage. Les élèves évalués en arabe ont également été exclus. Les chercheurs expliquent ce choix par des divergences relevées dans des travaux antérieurs entre les déclarations des élèves sur les études de leurs parents et les données officielles. Ces limites sont particulièrement importantes lorsqu'on tire des conclusions sur l'ensemble du système éducatif.
La période étudiée exige elle aussi de la précision. Il s'agit d'une nouvelle recherche sur des données d'années antérieures, pas d'une mesure de la situation des élèves israéliens en octobre 2026. La publication actuelle des résultats n'en fait pas une évaluation de l'année scolaire en cours. Ils peuvent révéler des associations durables, mais ne permettent pas de décrire les changements survenus dans les classes au cours des derniers mois.
La comparaison ne se fait pas avec l'élève israélien moyen
L'article de Calcalist met en avant des résultats relativement élevés chez les enfants dont les pères travaillent dans l'enseignement supérieur, les sciences et la recherche, ainsi que dans les technologies, l'information et les logiciels. Les écarts signalés sont respectivement d'environ 7,3 % et 6,8 % par rapport au groupe de référence, compte tenu des variables de contexte. Des associations positives apparaissent aussi dans l'ingénierie, la finance et la santé.
The Jerusalem Post explique que les groupes de référence ont été construits pour l'étude séparément pour les pères et pour les mères, et qu'ils ne représentent pas le parent israélien moyen. Un pourcentage supérieur à celui d'un groupe particulier ne correspond donc pas à un même écart au‑dessus de la moyenne nationale. Ces pourcentages ne doivent pas non plus être lus comme des ajouts identiques de points PISA.
Davar rapporte également des résultats relativement faibles chez les enfants dont les mères travaillent dans l'éducation de la petite enfance ou comme assistantes pédagogiques. Le journal souligne que l'étude n'établit pas que le travail des mères dans ces domaines provoque ces résultats inférieurs. Cette prudence fait partie du constat lui‑même : sans étudier la situation familiale et les différences entre familles, il serait erroné de transformer une corrélation en critique de la parentalité ou d'une profession.
Ce que les établissements scolaires peuvent faire de ce résultat
Dans un entretien à Davar, le professeur Kimhi avance plusieurs explications possibles de cette association. Les parents peuvent aider leurs enfants par leurs ressources financières, mais aussi par le temps, l'orientation et l'accompagnement qu'ils leur consacrent, indique‑t‑il. Il suggère également qu'une mesure des études fondée uniquement sur le type de diplôme peut manquer les différences de qualité de formation et de domaine d'études qui se manifestent ensuite dans l'emploi. Ce sont des explications possibles, pas des mécanismes démontrés par l'étude.
Cela soulève une question utile pour les chefs d'établissement : quelles informations manquent lorsqu'on cherche à comprendre les difficultés d'un élève ? Le niveau d'études des parents peut fournir un contexte, mais ne remplace pas un échange sur les besoins de l'enfant, le soutien disponible et les difficultés signalées. La présence d'un diplôme élevé au domicile n'élimine pas le besoin d'aide, et un emploi non universitaire n'indique pas une faible capacité d'apprentissage.
Pour les parents, l'étude ne recommande pas de changer de métier afin d'améliorer les notes. La question concrète est celle des besoins de chaque élève et de ce que l'école peut apporter sans présumer de ce que la famille est en mesure de fournir. Kimhi a déclaré à Davar que le rôle du système éducatif est d'affaiblir le lien entre le point de départ familial et les résultats. La recherche revient ainsi dans la classe : les données de contexte servent à repérer les soutiens manquants, pas à décider à l'avance jusqu'où un enfant pourra aller.



