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Les Press Files : 170 membres d'organisations terroristes comptés comme journalistes dans le monde

Illustration : un gilet de presse bleu à plastron vierge, un appareil photo et un dossier ouvert contenant des documents et un tampon rouge
Illustration : un gilet de presse bleu à plastron vierge, un appareil photo et un dossier ouvert contenant des documents et un tampon rouge

Pendant trois ans, la même phrase. Tsahal tue des journalistes. Illégalement. Délibérément. Elle circulait dans des chroniques, des rapports et des titres qui ne s'arrêtaient jamais pour demander qui tenait l'appareil photo et qui occupait une fonction dans une branche armée. C'était commode. Court. Cela passait bien à l'image. Il existe maintenant une page intitulée The Press Files. Elle comporte 170 noms.

Pas une estimation. Des noms.

La guerre à Gaza a fait naître toute une industrie autour du mot journaliste. Chaque personne tuée portant un gilet était comptée. Chaque décompte devenait un acte d'accusation. Très peu de ceux qui comptaient vérifiaient si le gilet dissimulait un membre du Hamas ou du Jihad islamique palestinien. Les Press Files comblent cette lacune. Pas avec une tribune. Avec une liste.

Le gilet ne faisait pas disparaître le bataillon

Ces personnes étaient présentées comme des professionnels des médias innocents. Elles appartenaient aux branches armées du Hamas, du Jihad islamique palestinien et d'autres organisations terroristes. Un appareil photo n'efface pas une affiliation. Une carte professionnelle n'efface pas une mission. Une organisation qui vit de propagande savait exactement quoi faire du mot journaliste : le mettre devant et laisser le grade derrière.

Un journaliste rapporte les faits. Un membre d'une organisation dissimule. Les personnes inscrites sur la liste cachaient la seule chose qui changeait leur statut : elles servaient une organisation terroriste. Cette information était absente de l'article qui les comptait ensuite parmi les victimes d'une atteinte à la liberté de la presse. La victime convenait au reportage. Le membre de l'organisation l'aurait gâché. Alors, celui‑ci disparaissait et le gilet restait.

Les preuves figurant sur la page comprennent des renseignements, des informations de sources ouvertes, des documents de terrain et des interrogatoires de membres de ces organisations. Pas une publication sur les réseaux sociaux. Pas l'évaluation d'une rédaction étrangère qui comptait les gilets en appelant cela une enquête. Le Hamas et le Jihad islamique ne séparaient pas le combat de l'image. Celui qui servait la branche armée tout en apparaissant comme reporter servait les deux. La séparation venait ensuite, dans une rédaction de Londres ou de New York, car sans elle, il n'y a pas de récit d'une chasse.

Les Press Files rétablissent l'ordre. D'abord la personne. Ensuite l'organisation. Et seulement à la fin, le mot placé sur sa poitrine. Ceux qui ont inversé cet ordre pendant trois ans ont lu un titre, pas un dossier.

Pas « certains d'entre eux ». Cent soixante‑dix

Le titre de la page annonce 170 membres des branches armées. La liste figure en dessous. Mohammed Jamal Sobhi al‑Thalathini. Yaqoub Anan Mohammed al‑Barsh. Anas Jamal Mahmoud al‑Sharif. Hossam Basel Abdul Karim Shabat. Hamza Wael Hamdan al‑Dahdouh. Ismail Maher Khamis al‑Ghoul. Ce n'est que le début. Les noms se poursuivent, ligne après ligne, jusqu'à ce que la catégorie s'efface et qu'il reste des personnes.

Quiconque parlait depuis trois ans des « journalistes » sans ces noms parlait d'un nuage. On ne peut pas vérifier un nuage. On peut vérifier un nom. Tsahal n'a pas publié une estimation arrondie ni « des dizaines de suspects ». L'armée a publié cent soixante‑dix membres des branches armées, dont certains avaient été comptés comme journalistes dans le monde. Le nombre n'est pas là pour impressionner. Il est là pour en finir avec la formule « peut-être une poignée ». Une poignée ne remplit pas une page comme celle‑ci.

Les Press Files existent parce que le récit global s'est construit sur un effacement. Retirez le Hamas de la phrase, et un journaliste a été abattu. Remettez‑y le Hamas, et un membre de l'organisation se cachait derrière une profession. Chaque nom annule un effacement. Ceux qui contestent un nom doivent contester ce nom. Ceux qui tiennent à conserver le mot journalistes pour les cent soixante‑dix ne débattent plus. Ils refusent de lire.

Même après la publication, des articles écriront encore « Israël affirme ». Le dossier n'attend pas ce verbe. Il a déjà été publié. Les noms n'appartiennent plus au titre qui les avait comptés parmi les morts de la presse.

Le droit ne confère aucune immunité à un gilet

Un combattant ne devient pas protégé parce que quelqu'un l'a appelé reporter. La protection d'un véritable journaliste demeure. Elle reste attachée à celui qui rend compte des faits sans être un combattant. Elle ne se transmet pas à celui qui combat ce jour‑là, ou qui sert la branche armée et disparaît dans le reportage. Le droit international n'a pas été écrit pour permettre à une organisation terroriste d'enfiler un gilet et d'obtenir l'immunité. Ceux qui le lisent ainsi lisent ce qui arrange le Hamas, pas ce qui est écrit.

Confondre les deux, c'est faire le travail du Hamas. Chaque mort avec un microphone devient un crime. Chaque vérification devient un déni. Chaque question sur l'appartenance militaire devient une attaque contre la liberté de la presse. Cela ne protège pas les journalistes. Cela protège la méthode : placer un membre de l'organisation devant la caméra, puis le compter comme une preuve qu'Israël tire sur une profession.

Un véritable journaliste à Gaza, quelqu'un qui n'appartient pas à une branche armée, n'est pas effacé par la liste. Au contraire, celle‑ci débarrasse la profession de personnes qui l'utilisaient comme couverture. Ceux qui les confondent préservent cette couverture et mettent en danger les personnes qui tiennent réellement un appareil photo sans avoir de grade. Les Press Files font la distinction. Le slogan sur la chasse ne la fait pas. Il les mélange, et le Hamas en profite.

Ce débat ne porte pas sur la liberté d'expression. Il porte sur un déguisement. Le déguisement a fonctionné parce que des rédactions entières ont préféré le gilet à la liste. Elles l'ont préféré parce que la liste exige de lire, tandis que le gilet ne demande qu'un titre.

Ceux qui refusent de lire restent avec le slogan

On peut continuer à écrire « chasse aux journalistes ». Pour cela, il faut ne pas ouvrir la page. Elle se trouve ici : https://www.idf.il/en/mini‑sites/the‑press‑files/

Les visiteurs voient le cadre et les noms. Ils voient Tsahal présenter des renseignements, des informations ouvertes, des documents de terrain et des interrogatoires. Ils voient que trois ans de titres ont été construits sans cette ligne. Ensuite, on peut débattre d'un dossier. On ne peut pas débattre d'un vide. Ce vide n'existe plus.

Les Press Files ne demandent pas la permission au titre. Ils présentent le nom, l'organisation et ce qui était caché. Une personne présentée comme journaliste et qui était membre d'une branche armée n'a pas été tuée parce qu'elle rendait compte des faits. Elle a été tuée parce qu'elle appartenait à la machine qui combattait Israël. Cette machine portait les habits de la presse pour que le monde s'indigne contre la balle, pas contre la personne qui se trouvait derrière.

Les noms sont sur la table. Cent soixante‑dix. Ceux qui veulent conserver le slogan peuvent le faire. Il n'est plus seul dans la pièce. À côté de lui se trouvent une page, une organisation et une personne qui dissimulait l'une et l'autre derrière une profession. Voilà les Press Files. Voilà ce qui manquait chaque fois qu'on comptait un gilet en appelant cela un crime.

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